Chris Archer : Vous animerez une conférence lors du National Smart Grid Forum 2010 de Sydney. Pourquoi ce sujet est-il devenu si important pour l’industrie ?
Andres Carvallo : Le Smart Grid est vraiment le dernier chaînon manquant pour électrifier complètement notre société. Nous vivons dans une société qui est électrifiée à 75 %. Le Smart Grid apportera les 25% restants. Si le concept est omniprésent en ce moment, c’est parce qu’il dépasse le simple compteur intelligent. Vous aurez bientôt un ou deux véhicules électriques dans votre maison. Ou encore un dispositif pour stocker l’énergie du soleil capté par vos panneaux. Tous ces équipements vont créer un nouveau type de réseau, un nouveau modèle avec de nouveaux services où le consommateur n’est plus seulement un consommateur, mais aussi un producteur comme le résume le terme d’Alvin Toffler : « un prosumer ».
En quoi ces réseaux sont-ils « smart » ?
Disons que, jusqu’à présent, le réseau était intelligent de la centrale jusqu’au point de distribution. Mais il ne l’était pas pour les câbles de distribution et les compteurs. La première étape, que je nomme Smart Grids 1.0, consiste donc à intégrer des logiciels et matériels de télécommunication sur le réseau de distribution, afin de savoir ce qui se passe en temps réel : consommation, qualité de l’énergie… Et aussi d’autres services comme la possibilité d’allumer et d’éteindre le client à distance. Cela constitue la première étape. Nous entrons désormais dans le Smart Grid 2.0 qui est un réseau dans lequel tous les appareils électriques, comme par exemple les véhicules électriques, permettent à la maison de produire et stocker elle-même son énergie. C’est un service d’utilité publique car il améliorera la fiabilité du réseau et le service à la clientèle. Cela signifie : moins de pannes, un temps de rétablissement plus rapide, une meilleure planification et une meilleure prévision de charge. Autant de services qui ne sont pas proposées aujourd’hui à la clientèle, alors qu’ils sont en fait très importants et qu’ils se répercutent dans le coût de l’énergie.